06.03.2007
L'Arménie chrétienne en majesté
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13:05 Publié dans L'année de l'Arménie en France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Arménie, culture, dates, évènements, actualités, année de l'Arménie en France, expositions
03.03.2007
Conférence de Patrick Donabedian
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Vendredi 2 mars, une conférence organisée par Accès (Université populaire de Romans) et l'amicale des Arméniens de Romans nous a permis de découvrir la diversité et la richesse de l'archtecture arménienne médiévale.
L'intervention a été exécutée de manière magistrale par Patrick Donabedian, docteur en Histoire de l'Art et actuel titulaire de la chair consacrée à l'Arménie à l'Université d'Aix en Provence. Ancien attaché culturel à l'ambassade de France en Arménie puis en Ukraine, il était déjà venu dans notre commune, il y a de cela 9 ans, pour une conférence sur le Haut Karabackh.
Introduction :
L'architecture arménienne ne se définit ni par sa grandeur, ni par ses décorations mais par son originalité, sa rigueur, sa précocité et les solutions de constructions adoptées.
L'histoire de l'architecture arménienne est liée à l'histoire de son pays. Premier pays chrétien en 301, le royaume d'Arménie à son apogée couvrait une superficie de 300 000 km (10 fois moins actuellement) avant de subir invasions, destructions, occupations et périodes d'indépendance retrouvée.
Mais dès le 7ème siècle avant JC, des restes de bâtis, notamment la forteresse de Van (Actuellement en Turquie), témoignent des connaissances acquises déjà à l'époque par les habitants de cette région. L'architecture arménienne s'est enrichie au contact d'autres civilisations, notamment perse mais également romaine, en témoigne le temple de Garni (Construit au 1er siècle de notre ère et dédié au dieu du soleil) situé au nord de la capitale Erevan et rare vestige de cette époque ou le monde romain occupait cette région.
Une exception en effet car au 3-4ème siècle, les bâtiments païens comme les temples romains, ont été détruits en pleine expansion du christianisme. Ce magnifique temple a été restauré entre 1969 et 1975.
La richesse patrimoniale de l'Arménie est la conséquence d'actes de protection instaurés par la population, les princes et le clergé. De nombreux édifices sont également présents hors des frontières nationales notamment dans les colonies créees bien avant la diaspora consécutive du génocide de 1915. Ainsi, trouve on des vestiges en Cilicie, en Crimée et même en Inde.
Mais aujourd'hui cette richesse est mise à mal, que ce soit en Arménie, en Turquie ou en Iran, faute de moyens.
Un peu d'histoire :
A la période paléochrétienne apparaissent les premières églises à nef (Chapelle) puis à trois nefs (Basilique)
Au 7ème siècle, la coupole centrale, élément typique de l'édifice religieux dans l'inconscient collectif, apparaît. Elle repose sur 8 points d'appui, quatre conques et quatre niches construites en diagonales. Les premières niches extérieures, orientées au sud, apparaissent également, ce qui constitue une spécificité arménienne.
Après une occupation arabe et turque, l'Arménie connaît une période de renaissance au 9 et 11ème siècle. Les proportions sont augmentées,le premières inscriptions apparaîssent ainsi qu'un certain raffinement.
Les premiers narthex se font également jour. Le narthex sert de vestibule, de lieu de réunion et de mausolée
C'est au 10-11ème siècle, lors de la période féodale, que date la construction des monastères en grand nombre. Les églises, proches des centres urbains, elles, périclitent.
Ouverture au monde mais conservation de l'identité :
Au IVème siècle, une nouvelle religion impose une nouvelle architecture. Celle-ci s'inspire d'anciens monuments mais également d'apports extérieurs.
Au 7ème siècle, l'architecture arménienne est très proche de l'école géorgienne. Mais face une Byzance hégémonique, l'Arménie tente de garder son indépendance de style. De toute façon, l'emploi des matériaux (roches volcaniques pour l'Arménie) facilite cette posture.
Mais après une période arabe (8-10ème siècle), seldjoukides (turcs au 12ème siècle) puis mongoles au 14ème siècle, l'architecture arménienne s'est peu à peu ouvert sur l'extérieur. Les premiers arcs en accolade apparaissent au 12ème siècle, une inspiration directe de l'art musulman.
Une interrogation subsiste: l'art arménien aurait-il inspiré l'art roman? Certains traits architecturaux semblent le démontrer. A l'inverse des peintres francs sont invités en Arménie pour décorer des édifices. Au 13ème siècle des icônes occidentaux, notamment Marie, apparaîssent en Cilicie et dans une partie de l'Arménie. Le campanile (13ème siècle) est emprunté à l'occident.
La Technique:
Les constructions arméniennes sont essentiellement réalisées en roches volcaniques, notamment le tuf et basalte. Ces pierres poreuses facilitent l'emploi de mortier pour donner à l'édifice une meilleure résistance. Eh oui, les risques sismiques sont pris en compte lors des études de construction. Ces pierres permettent en outre de faciliter la taille et donnent un effet vif aux édifices. Les risques sismiques en Arménie ont donné naissance à une nouvelle technique de construction, dite technique de blocage.
L'architecture des édifices religieux arméniens se caractérise par la dimension modeste des bâtiments (30-35 mètres pour la hauteur ou la largeur), leur compacité et leur aspect svelte et pur. L'Eglise et son abside sont orientées vers l'est, côté ou le soleil se lève.
Par rejet de la Grèce et des tentations hégémoniques de Byzance, les édifices rejettent la peinture. L'homme ne doit pas être fasciné mais faire corps avec le monument qui l'abrite.
17:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arménie, architecture, conférence, mémoire, histoire, France, coopération internationale





